Le droit à la ville, Henri Lefebvre – morceaux choisis et illustrés

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Mon livre bien jauni mais toujours aussi pertinent

“Le droit à la ville” est un livre, une idée, un concept, un droit concret dans certains pays, et aussi un parent de la grande famille des droits de l’homme. Il est tellement de choses qu’on peut lui faire dire tout et son contraire. Pour bien commencer et éviter cette dérive, voici un premier post de blog sur le droit à la ville qui tiendra lieu d’avertissement et d’introduction à ma lecture du livre de Henri Lefebvre.

Dépasser les apparences et les étiquettes

D’abord il faut dépasser les apparences et les étiquettes. En effet, j’ai lu ici et là qu’Henri Lefebvre était labellisé “marxiste”, donc directement “périmé” et “censuré” dans l’inconscient collectif actuel.

Un classique

Il s’agit d’un livre qui date de 1967 et dont les premières lignes peuvent paraître assez sèches. D’aucuns diront qu’il est à la fois vieux et barbant. Pourtant, en le lisant, je l’ai trouvé à la fois très actuel et très imagé. Il s’agit d’un de ces livres qui, lu et relu, à chaque génération et dans des contextes géographiques différents, fera toujours surgir une idée nouvelle.

Pour partager ma lecture, je vous présente donc “Le droit à la ville en image”, histoire de rafraichir mon édition jaunie et de provoquer le débat.

J’espère que les images légendées ci-dessous éclaireront mais aussi qu’elles titilleront un peu. L’objectif est de montrer que le livre de Lefebvre a beau dater de 1967, il est toujours d’actualité; et en même temps qu’on peut tous avoir une interprétation différente d’une image ou d’un texte.

Le droit à la ville en image – fiche de lecture des derniers chapitres

Les besoins sociaux ont un fondement anthropologique; opposés et complémentaires, ils comprennent le besoin de sécurité et celui d’ouverture, le besoin de certitude et le besoin d’aventure, celui d’organisation du travail et celui de jeu, les besoins de prévisibilité et d’imprévu, d’unité et de différence, d’isolement et de rencontre, d’échanges et d’investissements, d’indépendance (voire de solitude) et de communication, d’immédiateté et de perspective à long terme. p.106

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Les besoins urbains spécifiques ne seraient-ils pas des besoins de lieux qualifiés, lieux de simultanéité et de rencontres, lieux où l’échange ne passerait pas par la valeur d’échange, le commerce et le profit? Ne serait-il pas aussi le besoin d’un temps de ces rencontres, de ces échanges? p.108

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Ni retour en arrière (vers la ville traditionnelle), ni fuite en avant, vers l’agglomération colossale et informe – telle est la prescription. p.109

C‘est donc vers un nouvel humanisme que nous devons tendre et nous efforcer, c’est-à-dire vers une nouvelle praxis et un homme autre, celui de la société urbaine. p.111

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Elle ne peut pas ne pas s’appuyer sur la présence et l’action de la classe ouvrière, seule capable de mettre fin à une ségrégation dirigée essentiellement contre elle. (…)L’intégration sans elle n’a pas de sens, et la désintégration continuera, sous le masque et la nostalgie de l’intégration. p.116

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La société où nous vivons paraît tendue vers la plénitude ou du moins vers le plein (objets et biens durables, quantité, satisfaction, rationalité). En fait, elle laisse se creuser un vide colossal; dans ce vide s’agitent les idéologies, se répand la brume des rhétoriques. p.117

Au sein des effets sociaux dus à la pression des masses, l’individuel ne meurt pas et s’affirme. Des droits se font jour (…) et l’ont sait comment ces droits concrets viennent compléter les droits abstraits de l’homme et du citoyen (…). p.119

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La revendication de la nature, le désir d’en jouir détournent du droit à la ville. Cette dernière revendication s’énonce indirectement, comme tendance à fuir la ville détériorée et non renouvelée, la vie urbaine aliénée avant d’exister réellement. le besoin et le droit à la nature contrarient le droit à la ville sans parvenir à l’éluder. p.120-121

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Les Olympiens et la nouvelle aristocratie bourgeoise n’habitent plus. Ils vont de palace en palace ou de château en château; ils commandent une flotte ou un pays à partir d’un yacht; ils sont partout et nulle part. p.121

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Il suffit d’ouvrir les yeux pour comprendre la vie quotidienne de celui qui court de son logement à la gare proche ou lointaine, au métro bondé, au bureau ou à l’usine, pour reprendre le soir ce même chemin, et venir chez lui récupérer la force de recommencer le lendemain. p.122

Citations de conclusion sans image pour donner matière à réflexion

Voici une dernière série de citations du “Droit à la ville” introduite par deux autres plus fameuses afin de conclure et définitivement se débarrasser de l’influence des images, des apparences, et des étiquettes qu’on colle aux gens ou aux idées. “Parce que tu as vu, tu as cru” (Jésus à Saint Thomas, dans un épisode fameux – évangile – d’une série très en vogue depuis 2000 ans – la Bible), et “Penser, c’est dire non” (Alain, L’homme devant l’apparence, Propos sur les pouvoirs).

Lecteur, imagine toi-même ce que signifie ce qui suit:

Le droit à la ville (…) ne peut se formuler que comme droit à la vie urbaine, transformée, renouvelée. p.121

Le droit à la ville se manifeste comme forme supérieure des droits: droit à la liberté, à l’individualisation dans la socialisation, à l’habitat et à l’habiter. Le droit à l’oeuvre (à l’activité participante) et le droit à l’appropriation (bien distinct du droit à la propriété) s’impliquent dans le droit à la ville. p.140

Parmi ces droits en formation figure le droit à la ville (non pas à la ville ancienne mais à la vie urbaine, à la centralité rénovée, aux lieux de rencontres et d’échanges, aux rythmes de vie et emplois du temps permettant l’usage plein et entier de ces moments et lieux, etc.) p.146

L’humanité ne se pose que les problèmes qu’elle peut résoudre, a écrit Marx.(…)Il y a peut-être des problèmes faciles à résoudre, dont la solution est là, toute proche, et que les gens ne se posent pas. p.148

One thought on “Le droit à la ville, Henri Lefebvre – morceaux choisis et illustrés

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